Affichage des articles dont le libellé est acculturation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est acculturation. Afficher tous les articles

dimanche 25 mars 2012

Elle et le Black Fashion Power (5/10) Retour sur une polémique



C'est l'histoire d'une acculturation (les adeptes de la secte psychanalytique appellent cela le "surmoi")

Nathalie Dolivo dixit :
Mais, si, en 2012, la « blackgeoisie » a intégré tous les codes blancs, elle ne le fait pas de manière littérale. 

Voilà la phrase qui aurait mis le feu aux poudres et provoqué contre le magazine Elle la levée de boucliers que l'on sait.

Et moi de penser : "Mais, ma parole, ils n'ont pas lu les travaux des époux Clark !". Parce qu'il est évident que bien des Noirs américains ont fait plus que d'intégrer les codes blancs, allant même jusqu'à dénigrer leur propre condition de nègres, phénomène largement étudié par psychologues et sociologues au sein même de la "communauté noire". 



Mamie et Kenneth Clark ont voulu se faire une idée de l'image que les enfants noirs avaient d'eux-mêmes au travers de ces jouets particuliers que sont les poupées.

Le "Clark Test" a fait grand bruit lors de sa publication, comme il a également fait des petits, jusqu'à nos jours, y compris hors des Etats-Unis. À l'époque, la ségrégation raciale sévissait sur tout le territoire des États-Unis, avec écoles séparées, bus séparés, toilettes séparées, etc. Et c'est là que Kenneth Clark et son épouse Mamie, en marge d'une procédure juridictionnelle, imaginent cette enquête sur l'image que de petits Américains noirs ont d'eux-mêmes. Les psychologues invitent souvent les enfants à dessiner leur famille ou des scènes de la vie quotidienne, quand ils n'invitent pas les sujets testés à "lire" des taches d'encre, par exemple... Ici, il s'agissait de jouer à la poupée.

L'image ci-dessous montre un petit Noir, à qui l'on avait demandé de choisir son poupon préféré, et optant délibérément pour le poupon blanc, jugé plus beau, plus mignon, bien que les deux poupons proposés soient rigoureusement identiques à un détail près : leur couleur.


Le conditionnement social, ou l'art d'instiller la haine de soi à des sujets dominés et prêts à se discriminer les uns les autres selon des critères de proximité avec le dominant. On pense, par exemple, à cette typologie présente dans des pays comme l'Afrique du Sud, mais aussi aux Antilles, permettant de classer les Noirs en fonction de la nuance de la teinte de leur peau : dans le désordre, nous aurions mûlatre, quarteron, octavon, chabin, métis, nègre, etc.

Lu sur un blog :

Pourquoi ces termes ? “Simplement” dans un souci de classification humaine et pour différencier ces Noirs évolués (c-à-d blanchis) de ceux travaillant dans les champs de coton. Les mulâtres et leurs descendants (généralement de plus en plus blancs) avaient un statut social enviable. Pas égal à celui des Blancs mais bien plus enviable que ceux des Noirs. Ils pouvaient même être affranchis (l’enfant d’une négresse naissait automatiquement esclave).

Des comportements d'autodénigrement, voire de dénigrement tout court, entre des gens censés appartenir à la même communauté, en tout cas à une même catégorie discriminée, et dont le caractère pervers a été mis en évidence par le test des Clark de manière tonitruante. 

Le travail pionnier des époux Clark a inspiré une multitude d'autres chercheurs ainsi que de commentaires de travailleurs sociaux voire de simples particuliers, comme les extraits qui suivent peuvent l'illustrer. 

Et tandis que les Barbies blanches se vendent comme des petits pains, la poupée noire...


While white holiday Barbie sells, black doll languishes on shelves
 (…)
Buyers complain that the black dolls that are currently available are either too generic or too ethnic. The fact that the black dolls often do not look like the children they are marketed toward does not help, say psychologists. "Black Barbies don’t look like black children. They look like white dolls tinted brown and that doesn’t fool black kids," says Brenda Wade, a family psychologist. Wade suggests that black parents find a non-mainstream doll that resembles someone the child knows and inspires creativity.

Wade says she is not surprised that black girls favor white Barbie. According to studies conducted from the 1960s to today, black girls still associate white dolls with beauty, purity, and goodness. Gwendolyn Goldsby Grant, also a family psychologist, says she gets letters from parents complaining that they cannot get their children to like black dolls. She says it is not surprising that black children prefer white dolls. "In our society, dictionary definitions of good and bad tell us what it means to be black and white...it stays with (kids) for life," she says.

La Barbie blanche des vacances se vend (comme des petits pains), tandis que la poupée noire se languit sur ​​les étagères
  (...)
Les acheteurs se plaignent de voir que les poupées noires qui sont actuellement disponibles sont soit trop génériques soit trop typées. Le fait que les poupées noires souvent ne ressemblent pas aux enfants auxquels elles sont destinées n'aide pas à améliorer les choses, disent les psychologues. "Les barbies noires ne ressemblent pas aux enfants noirs. Elles ressemblent à des poupées blanches teintées de brun et les enfants noirs n’en sont pas dupes.", affirme Brenda Wade, une psychologue familiale. Wade suggère aux parents noirs de rechercher une poupée non-traditionnelle (sortant des sentiers battus) et qui ressemble à quelqu'un de connu des enfants et qui inspire de la créativité.

Wade dit qu'elle n'est pas surprise de voir que les filles noires préfèrent la Barbie blanche. Selon les études menées depuis les années 1960 jusqu’à aujourd'hui, les filles noires associent encore la poupée blanche avec la beauté, la pureté et la bonté. Gwendolyn Goldsby Grant, également psychologue familiale, dit qu’elle reçoit des lettres de parents qui se plaignent qu'ils ne peuvent pas amener leurs enfants à aimer les poupées noires. Elle dit qu'il n'est pas surprenant que les enfants noirs préfèrent les poupées blanches. "Dans notre société, les définitions du dictionnaire sur le bon et le mauvais nous renvoient au noir et au blanc..., et cela va imprégner (les enfants) toute leur vie.", dit-elle.



Autre son de cloche :


The case of the black Barbie doll

Leslie, a 38-year-old social worker who counsels children with stressful life situations, found her 4-year-old daughter, Sophia, engaged in animated play with her dolls. She watched incredulously as Sophia invited the four white dolls with blonde hair to a tea party while the dark-skinned doll with black hair lay alone across the room.

 “Why isn’t that doll going to the tea party?” she inquired.
 “She’s dead,” replied Sophia matter-of-factly.
 “Dead? How can that be? She’s just like the other dolls. Why can’t she play with them?”
 “They don’t want to play with her.”
 “Why is that?”
 “Because she has dark skin,” replied Sophia.

Leslie’s mouth dropped to the floor as she fought back tears. How could this be? Hadn’t she and her husband worked diligently to teach her child to be inclusive? Sophia had a variety of multicultural toys and books. She was only allowed to watch progressive television shows like Sesame Street, Dora the Explorer, Diego, the Backyardigans and Yo Gabba Gabba. An only child, she attended an expensive, supposedly inclusive pre-kindergarten school which included children of color.

 “Sweet Pea,” said Leslie, plaintively, “you’re hurting that doll’s feelings. You’ve got to let her play with the other dolls.”

 “She can’t. She’s in jail,” Sophia replied as she rationalized her decision to exclude the dark-skinned doll.

This scenario has probably been repeated in countless homes and classrooms around the country. But it was a real situation that wrenched Leslie and me, as we tried to come to a resolution to the problem. You see, Sophia is my granddaughter, and I happened to be visiting when this incident occurred. As an advocate for civil rights and a diversity trainer, the family looked to me for an answer.

 I naturally thought of the doll experiments conducted by Kenneth and Mamie Clark in the 1940s. They revealed a preference for white dolls by both black and white children. And despite attempts since then to create equal educational opportunities for all children, replications of the Clark’s work consistently reveal similar results.

Social scientists attribute negative attitudes toward blackness to historical and cultural processes in our society that perpetuate perceptions of dark skin as inferior to white, stigmatizing blacks and other ethnic minorities as being lazy, shiftless, and uneducable—attitudes that affect the achievement gap in educational attainment between blacks and Latinos versus whites and Asians.  These attitudes have been referred to as symptoms of systemic racism.

Leslie, travailleur social de 38 ans, qui assistait des enfants vivant des situations stressantes, trouva Sophia, sa fillette de quatre ans, engagée dans un jeu animé avec ses poupées. Elle regardait, incrédule, comment Sophia avait invité quatre poupées blanches aux cheveux blonds à une partie de thé, tandis que la poupée à la peau foncée et aux cheveux noirs traînait toute seule dans la pièce.


- Pourquoi cette poupée ne va-t-elle pas à la dégustation de thé ?,  demanda-t-elle.
- Elle est morte, répliqua Sophia d'un ton neutre.
- Morte ? Comment cela se peut-il ? Elle est juste comme les autres poupées. Pourquoi ne peut-elle jouer avec les autres ?
- Elles ne veulent pas jouer avec elle.   
- Pourquoi donc ?   
- Parce qu'elle a la peau foncée, répondit Sophia...


(...)


Les chercheurs en sciences sociales attribuent les attitudes négatives envers la noirceur (de la peau) à des processus historiques et culturels au sein de notre société, qui perpétuent la perception de la peau foncée comme étant inférieure au blanc, stigmatisant les Noirs et autres minorités ethniques comme étant paresseuses, fainéantes, et inéducables – des attitudes qui affectent l'efficacité des programmes de réduction des écarts de  performances scolaires entre les Noirs et les Latinos d’une part, et les Asiatiques et les Blancs, de l’autre. Ces attitudes sont généralement considérées comme étant des symptômes d’un racisme systémique.

J'ai naturellement pensé aux expériences sur les poupées menées par Kenneth et Mamie Clark dans les années 1940. Elles ont révélé une préférence pour les poupées blanches tant par les  enfants noirs que blancs. Et malgré les tentatives menées depuis pour créer des situations  éducatives égales pour tous les enfants, les rééditions de travaux s’inspirant de ceux des  Clark révèlent constamment des résultats similaires...

Racistes, les Noirs ? Voici une prise de position (d'un Afro-américain) assez peu orthodoxe.


All black Americans are racist. Well, at least 99%.

When your life is shaped by the colour of your skin it is very hard not to see the world in terms of race. In fact, to be race-blind under such circumstances would be unwise.

Some say blacks cannot possibly be racist because they lack power like whites to use their prejudice, their feelings about race, to hurt others. They do not control the police, banks, courts or newspapers. Racism is prejudice backed by power.

But blacks do have power. Not the power to affect complete strangers in large numbers like whites do, but they still have the power to hurt others.

You see that in hate crimes against whites and Asians, for example.

But most of their prejudice and hatred is turned inward. Whatever hatred blacks direct against whites and Asians it is nothing compared to the hatred they direct against themselves.

They live in a white world which tells them over and over and over again that they are no good. In a thousand little ways. As advertisers know, if you hear something enough times you begin to believe it. It is how the mind works.

Tous les Noirs-Américains sont racistes. Bon, disons  au moins 99% d'entre eux.

Lorsque votre vie est façonnée par la couleur de votre peau, il est très difficile de ne pas voir le monde en termes de race. En fait, rester aveugle face au phénomène racial dans de telles circonstances ne serait pas raisonnable.

Certains disent que les Noirs ne peuvent pas être racistes parce qu'ils n'ont pas le pouvoir, comme les Blancs l'ont, d'utiliser leurs préjugés, leurs sentiments sur les races, pour agresser les autres. Ils ne contrôlent pas la police, ni les banques, ni les tribunaux, ni les journaux. Le racisme est un préjugé renforcé par le pouvoir.

Mais les Noirs en ont, du pouvoir. Ce n'est pas le pouvoir d'influer sur de grandes masses de parfaits inconnus, comme les Blancs le font, mais ils ont encore le pouvoir de blesser les autres.

C'est ce qu'on peut constater dans les crimes motivés par la haine contre les Blancs et les Asiatiques, par exemple.

Mais la plupart du temps, ces préjugés et cette haine sont dirigés vers l'intérieur. Quelle que soit la haine qu'éprouvent les Noirs à l'égard des Blancs et des Asiatiques, elle n'est rien en comparaison avec la haine qu'ils dirigent envers eux-mêmes.

Ils vivent dans un monde blanc, qui leur dit maintes et maintes et maintes fois qu'ils ne sont pas bons. Un discours distillé subrepticement de mille et une manières. Comme les publicitaires l'ont compris, si vous entendez quelque chose un nombre conséquent de fois, vous allez commencer à y croire. C'est ainsi que notre cerveau fonctionne.




Prochain épisode : Illusions d'optique


Liens :   01  -  02  -  03  -  04  -  05  -  0607


Elle et le Black Fashion Power (6/10) Retour sur une polémique



Illusions d'optique



Imaginez ma surprise, le jour où j'ai appris que Mariah Carey appartenait à la catégorie "Afro-American" !


Des ancêtres originaires du Venezuela, côté paternel, et malgré le brassage génétique, voilà Maria Carey rangée dans  la communauté noire. Ça alors ! Et quelle plus belle preuve que Maria Carey est bel et bien "black" - hormis cette immense voix (vous connaissez le titre 'My All' ?) qui nous change des mièvreries d'une Béyoncé ! - que la consécration de la Une d'Ebony !



Mais Duke Ellington et Dorothy Daindridge aussi étaient des "coloured". Et c'est là qu'on s'interroge : comment se fait-il que tant de sujets au sang mêlé aient pu naître dans une Amérique vivant sous le coup des lois ségrégationnistes ? Dans quelles conditions, hormis le viol, tant d'enfants métis ont-ils pu venir au monde, et ce, déjà sous l'esclavage ? Parce qu'il faut se rappeler que l'une des raisons les plus souvent invoquées par le K.K.K. pour procéder à des pendaisons de nègres est qu'ils avaient osé toucher à des femmes blanches. Gageons, donc, que sous l'esclavage puis durant la ségrégation, les petits métis nés aux Amériques avaient presque en totalité une mère noire, donc, un père - inconnu - blanc ! Voilà qui va nous rappeler le rejet par Muhammad Ali de son nom "blanc" : Cassius Clay, fruit du viol et du droit de cuissage. Et il ne fut pas le seul !





C'est l'histoire d'une star américaine de la chanson, dont le père est noir et la mère blanche. Une métisse, donc, devenue l'une des égéries de la principale marque de cosmétiques du monde, qui a dû penser que son égérie n'était pas assez blanche ! Et pourtant, de même qu'on recrute des stars chinoises pour toucher un public chinois, ou arabes pour toucher un public arabe, on peut penser qu'avec Beyoncé, c'est tout particulièrement un public de femmes noires ou métissées qui était visé par la firme de cosmétiques.

Et puis, zut alors, un petit coup de Photoshop, et le tour est joué !



Seulement voilà : comme si la chose n'était pas assez évidente, la firme dément :

Du côté de L'Oréal, un porte-parole affirmait jeudi que tout cela était faux. "Nous accordons beaucoup d'importance à notre relation avec Béyoncé Knowles. Il est absolument faux de dire que L'Oréal Paris ait modifié l'apparence ou la couleur de madame Knowles pour la campagne." Le contrat entre Beyoncé et L'Oréal rapporte à la chanteuse 3 millions d'euros en cinq ans. Pour gagner cette modique somme, 10 jours par an lui suffisent, le temps des séances photo et divers galas. Si la marque veut engager Beyoncé pour des jours supplémentaires, cela lui coûte 16.000 euros par jour. (1) 


Fort curieusement, les pétitionnaires qui sont tombés avec véhémence et à bras raccourcis sur l'infortunée Nathalie Dolivo, journaliste chez Elle, n'ont rien trouvé à redire sur le "photoshopage" (assez récent : 2008) de Beyoncé Knowles par L'Oréal, en tout cas, pas à ma connaissance. Parce que, si ça, ce n'est pas du racisme, alors je n'ai rien compris à rien !


Citation

 Ce vendredi, le site BondyBlog s'interroge justement sur les "codes de la beauté noire". "Dans les films et les séries, les femmes noires ont toujours le teint plus clair que les hommes noirs. Idem pour la chanson. Aux Etats Unis, plus leur carrière évolue, plus leur peau s'éclaircit et leur nez s'allonge. On attend aujourd'hui d'une femme noire qu'elle ne soit pas trop... noire", affirme Ndembo Boueya. "Je pense que le type de beauté noire aujourd'hui en vogue, à la Tyra Banks, crée des préjugés chez les Blancs et rabaisse la vraie beauté noire. Certaines femmes noires se font des complexes", témoigne Fatoumata. (1) 

Cela dit, il faut comprendre L'Oréal : pour un nombre apparemment croissant de femmes "noires", le nec plus ultra ne consiste-t-il pas à avoir le "teint clair", comme on dit dans les petites annonces du magazine Amina ?

Du coup, notre grande firme de cosmétiques va au-devant des désirs de ses clientes potentielles, pour lesquelles le premier canon de la beauté est d'être aussi blanche que possible, sinon, il n'y aurait pas tous ces produits éclaircissants ! Et, malgré ses dénégations, L'Oréal est parfaitement en phase avec le public visé !

Mieux : Beyoncé, elle-même, n'est-elle pas apparue dans le cadre d'une campagne de promotion d'un nouveau disque, avec le teint bien étrangement éclairci, le tout couronné d'une chevelure blonde ? Et ici, L'Oréal plaide "non coupable" ! Du coup, on s'interroge : qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas Béyoncé elle-même qui aurait réclamé de L'Oréal la retouche controversée ? Ce serait une explication fort plausible,  histoire de toucher un public bien plus vaste que la seule cible ethnique, non ?

Prenez Rihanna, pa exemple : c'est quoi sa vraie couleur de peau ?



Et voilà le travail ! Après tout, on peut comprendre que Béyoncé cherche à ressembler un peu plus à sa mère (blanche) ; pourquoi pas ? Cela dit, ne soyons pas médisant : à l'instar de ses copines Alicia Keys ou Maria Carey, Béyoncé la métisse ne semble pas dédaigner le fait d'avoir un compagnon noir, en tout cas bien plus foncé qu'elle ! Alors, il est où le problème ? 




Le problème ? Lisez donc les petites annonces dans Amina..., qui me font toujours hurler de rire, dans le genre "femme noire (pauvre et fauchée) cherche homme blanc (riche de préférence)".

Vous voyez bien qu'il y en a qui ont parfaitement intégré les "codes blancs" !

By the way, juste en passant, à propos de Béyoncé, si j'aime bien ses courbes (cela dit, dans le genre, Ciara n'est pas mal du tout, voire un peu plus..., elle qui a parfaitement étudié Michael Jackson ; à part ça, quelle plastique !), je suis particulièrement allergique à sa petite voix de crécelle de chanteuse de 'or-èn-bi' (R'n B), moi qui ai été nourri à la mamelle des Aretha Franklin, des Anita C. Baker et autres Etta James : de pures chanteuses de Rythm and Blues et de soul. Et si vous voulez entendre une vraie chanteuse "black", à la voix de stentor - pléonasme ! - et quasiment inconnue au bataillon,  écoutez donc Yolanda Adams dans un vibrant hommage à Witney Houston... Et des Yolanda Adams, les églises noires américaines en regorgent !


Prochain épisode : Delirium tremens



Liens01  -  02  -  03  -  04



Elle et le Black Fashion Power (7/10) Retour sur une polémique



Delirium tremens

Deux millions de femmes noires en France, qui dépensent sept fois plus d'argent dans les cosmétiques que leurs congénères blanches... (Extrait d'une pétition parue sur le site lemonde.fr).

black_hair_coiffure_postiche-wig

Sept fois plus d'argent !  Sur le moment, on déglutit une fois, deux fois, trois fois... Bon, je savais que la dépense moyenne en cosmétiques était plus élevée chez les femmes noires que chez leurs consoeurs blanches, et ce, depuis un numéro de l'émission Ondes de Choc sur M6, ancêtre du Culture Pub de feu Christian Blachas et Anne Magnien.

Mais là, c'est tout bonnement stupéfiant de voir deux millions de femmes noires dépenser cumulativement plus que... 20 à 25 millions de Françaises en âge d'acheter des produits cosmétiques - ce qui me laisse quand même un peu dubitatif, mais bon...-, lorsque l'on considère les revenus moyens des deux groupes de femmes, les Africaines représentant quand même un contingent conséquent de la population noire en France, Africaines dont nous savons qu'une majorité d'entre elles sont arrivées dans le cadre du regroupement familial, pour rejoindre un mari plus souvent ouvrier ou balayeur qu'ingénieur ou médecin !

Question : nos pétitionnaires, tellement prompt(e)s à déverser leur fiel sur une journaliste de Elle, ont-ils et elles mesuré l'ampleur du désastre que constitue le délire consumériste autour des cosmétiques qui s'est emparé des femmes noires, tant par ses répercussions économiques sur des familles parmi les plus pauvres (si les Africaines roulaient sur l'or, ça se saurait !) que par ses conséquences sanitaires (alopécie = perte des cheveux sous l'effet de la chimie ou du fer à défriser, cancer de la peau généré par les crèmes éclaircissantes, etc.) ?



Sept fois plus d'argent. Illustration du phénomène (dans le désordre : des images extraites de la presse féminine afro-française ainsi que des photos réalisées dans Paris par mes soins).

Vu dans le métro parisien : une association pour aider les Hommes et protéger la nature. La gamine doit être africaine et porte sur la tête des postiches dont le prix pourrait servir à la nourrir durant quelques semaines ! Mais à mon avis, les membres de cette association "humanitaire" bidon ne connaissent pas l'adage chinois : "Mieux vaut apprendre à quelqu'un à pêcher plutôt que de lui apporter indéfiniment du poisson.", raison pour laquelle ils ne jugent pas utile d'inciter les pauvres à ne pas dilapider bêtement le peu d'argent qu'ils ont...


Défrisage : avec 20 % de rabais = 72 euros



Le nec plus ultra : les extensions à base de cheveux (naturels) récoltés en Inde ou au Brésil.
Pour mémoire : en France, une femme de ménage africaine touche la moitié voire le tiers d'un SMIC mensuel.




Il faut croire que se coller des cheveux artificiels sur la tête constitue une urgence absolue pour certaines femmes - à en croire notre escouade de pétitionnaires autour d'Audrey Pulvar et de Sonia Rolland -, au point de détourner l'argent dévolu à l'alimentation et à l'éducation des enfants !

Suggestion : que ceux et celles que ça intéresse et qui vivent à Paris et sa région aillent flâner un jour du côté des archives départementales, dans le quartier du Marais, rue des Francs-Bourgeois. Ils ne manqueront pas d'être intrigués par la présence d'un nombre important de femmes africaines dans les rues avoisinantes, alors même qu'aucune résidence hébergeant ces femmes ne se trouve dans le quartier. Pour découvrir le pot-aux-roses, je vous suggère d'aller vous positionner en face d'un établissement parisien connu sous le nom de "Ma Tante", je veux parler du crédit municipal (55 rue des Francs Bourgeois), où l'on vient déposer des objets divers ayant encore de la valeur, pour se faire prêter quelque argent en échange.

Vous serez surpris par le nombre de femmes africaines qui fréquentent quotidiennement cet endroit, dont le succès a, du reste, justifié la création de succursales dans Paris (quartiers de la zone Est) et sa banlieue.

Voilà comment, tous les jours, des mères de familles imprévoyantes mais à la tête chargée de moult perruques et postiches en sont réduites à venir mendier un prêt dérisoire pour pouvoir finir le mois.

Ce qui suit est une expérience vécue. Je suis encore étudiant, pas très riche, et je débarque à Paris en venant de la province. La solution la plus urgente et la moins onéreuse pour me loger reste la colocation. Une petite annonce dans un journal gratuit et me voilà cohabitant avec une Camerounaise fraîchement divorcée d'un Français. Un mariage disons, entre "blanc" et "gris", comme elle me l'avouera tantôt. Je veux dire qu'elle était venue exprès du Cameroun pour épouser un Blanc, avoir des papiers et divorcer dès que possible. C'est un secret de Polichinelle. Voyez les petites annonces dans Amina.

La fille n'est pas du tout mon genre, alors là, pas du tout. Elle n'ouvre jamais un bouquin et passe son temps à se taper toutes les merdes et sous-merdes de la téléréalité. Elle porte en permanence une de ces horribles perruques en plastique... C'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai pu toucher pour la première fois une de ces horreurs. On aurait dit du crin, en plus rêche. Et, du coup, j'ai compris pourquoi elle se grattait la tête en permanence. Mais comment peut-on confondre des cheveux en plastique avec de vrais cheveux... lisses ?

Parce qu'en outre, les racines repoussant sous les mèches attachées aux vrais cheveux, il fallait refaire le travail à intervalles réguliers. Outre la pension alimentaire, elle touchait une allocation de parent isolé (il faut dire que, pour avoir des papiers, elle n'avait pas perdu de temps et s'était empressée de se faire engrosser par son pigeon de toubaab, dont elle avait eu un garçon.) et moi, je donnais des cours à domicile. Nous avions, donc, des revenus à peu près équivalents, ce qui ne l'a pas empêchée de me faire payer les deux tiers du loyer !

Tous les 7 du mois, elle débarquait de Château Rouge avec les mains chargées de sacs à provisions : des perruques et des mèches... Et puis, le 15 du mois, elle entrait dans d'énormes accès d'hystérie, se mettant à pester sur tout et n'importe quoi et trouvant le moindre prétexte pour menacer de mettre mes affaires dehors. Je connaissais la chanson : elle n'avait plus un sou ! Et à chaque fois, après la crise, elle me demandait de lui avancer de l'argent pour acheter ci ou ça. Du coup, j'ai pris l'habitude de tout acheter en double : viande, riz, yaourts, sucre, etc.

Il faut avoir vécu près d'une Africaine "moderne", et en plein Paris ou en banlieue, pour comprendre certaines choses, à commencer par le fait qu'entre ses dirigeants corrompus, ses "élites" avinées et bourrées de cholestérol et ses femmes rendues folles par la société de consommation, l'Afrique n'est pas près de sortir du merdier dans lequel elle est embourbée depuis longtemps.

L'appartement était au nom de son ex., sur les Maréchaux,  avec plein de verdure tout autour, autant dire idéalement situé. Compte tenu du loyer, ce devait être un logement social. Mais bon, les deux tiers du loyer étaient quand même pour ma pomme, plus la quasi-totalité de la nourriture dès le 15 du mois, et je n'exagère pas !

Une chose est d'acheter des postiches, une autre est de les installer sur la tête. Donc, après avoir fait les courses vers le 7 du mois, direction le Boulevard de Strasbourg ou Château Rouge dès le lendemain, pour une après-midi dans un de ces salons de coiffure qui ont envahi le dixième arrondissement de Paris et le quartier de la Goutte d'Or. Et là, nouvelle dépense, évidemment. Parce qu'il faut retirer les anciennes postiches - les cheveux ayant repoussé par en-dessous - pour poser les nouvelles. Ce qui veut dire, en clair, que les postiches tissées et, a fortiori, celles qui sont collées sur les cheveux naturels, ne sont réutilisables qu'exceptionnellement. Une fois retirées, elles sont presque irrémédiablement perdues. Vous imaginez, donc, la dépense, et le cercle vicieux dans lequel ces femmes s'installent. Parce que, sous les postiches en plastique, les cheveux naturels ne sont pas très beaux à voir, ce qui vous explique pourquoi, après des années de ce manège, certaines femmes en sont réduites à se raser complètement le crâne pour repartir à zéro !

Alors, vous faites un petit calcul, si l'on doit se faire poser de nouvelles postiches chaque mois, sachant qu'on a affaire à une population au sein de laquelle les femmes au foyer sont très nombreuses, les salariées étant plus souvent simples employées que cadres !

africa_afrique_poor_pauvre_perruque_postiche_hair_wig


 

Willie Morrow, africain-américain, précurseur de la question du rapport des noires à leurs cheveux et auteur en 1973 de 400 years without a comb (400 ans sans se peigner), estimait ainsi à 98% les femmes noires américaines n’ayant jamais porté leurs cheveux au naturel.

Or ces opérations capillaires ne sont pas gratuites — loin s'en faut. Et les stars sont les premières à dépenser des sommes astronomiques pour leur tignasse. Ursula Stephen, styliste des stars, affirmait le 8 août au Mail Online que Rihanna, la chanteuse originaire des Barbades, dépensait 16.000 euros par semaine pour faire entretenir ses cheveux par une coiffeuse particulière.

En 2009, le documentaire Good Hair (2009) de l’acteur-réalisateur américain Chris Rock, montrait des femmes prêtes à s'endetter pour se faire poser des extensions. Pour certains, ces pratiques sont le reflet d’un complexe chez la femme aux cheveux crépus. Pour d’autres, elles sont simplement l’expression d’une coquetterie excessive. (slate.fr)



16000 euros par semaine pour Rihanna. 885 euros pour la pose d'extensions, le tout payable en trois fois, quand même ! Parce que si les stars - cf. Naomi Campbell presque chauve visible ci-dessus - ont les moyens, l'immense majorité de ces femmes ne roulent pas sur l'or. Ces femmes, on les croise par grappes entières sur les trottoirs parisiens, entre les stations de métro Strasbourg-Saint-Denis et Château d'Eau, comme à Château Rouge, et ailleurs. Il suffit de se positionner sur le Boulevard de Strasbourg, par exemple, et d'observer les va-et-vient de toute cette faune ; c'est simple : on dirait des chiennes en chaleur !  

885 euros, même répartis en trois versements, ça veut dire qu'avec la repousse, on n'a pas fini de régler la facture qu'il faut déjà tout refaire, surtout si les nouveaux cheveux ne sont pas de la même teinte que les cheveux naturels ! 

   

885 euros, en trois fois, ça vous fait tout de même 295 euros à débourser par mois, soit une bonne partie du budget d'un ménage. Et quand on sait que c'est chez les Africains qu'on trouve les familles les plus populeuses, vous avez compris pourquoi tant de petit(e)s Africain(e)s arrivent le matin à l'école, le ventre vide, et que les ménages africains soient les champions toutes catégories des factures impayées tant chez EDF que chez France Télécom !

Et c'est aussi cela qui explique que le Crédit Municipal de Paris ait dû multiplier ses succursales, notamment vers l'Est parisien et la banlieue Nord, et que Restaurants du Coeur et autres Secours Populaire refusent du monde, les familles africaines ou "issues de l'immigration" - comme on dit à la télé - composant une importante proportion des populations assistées par ce genre d'institution.

Depuis quatre mois, Mounass, 21 ans, s'enduit de ces produits deux fois par jour. Parce qu'elle estime que "les hommes préfèrent les femmes à la peau claire", elle peut dépenser 40.000 FCFA (61 euros) par mois pour sa dépigmentation, soit l'équivalent du salaire minimum. En dépit de tous les avertissements, la jeune femme assure ignorer les dangers de ces produits. Les patientes que le Pr. Niang voit défiler à l'hôpital ont de l'acné, des tâches noires, des vergetures, des abcès. Deux cas de cancers de la peau spécifiquement dus à l'utilisation de crèmes éclaircissantes ont même été recensés ces quatre dernières années. "Le risque de décès est surtout lié aux infections sévères de la peau, principalement dues au corticoïdes, qui peuvent se généraliser" (septicémie), explique la dermatologue. L'utilisation de corticoïdes peut également engendrer hypertension et diabète.  (1)




Et il n'y a pas que les prothèses capillaires et les produits éclaircissants. On a vu apparaître une autre spécialité, dont les négresses sont friandes : la manucure. Et devinez un peu qui officie sur les mains de ces consommatrices en chaleur ? Des Asiatiques. Les mêmes qui vous vendent des bananes plantain, des ignames, du manioc voire du capitaine pêché au large de Dakar, sans parler des épices : piment, gombos et j'en passe.

 
Et pendant que les Africain(e)s consomment, les Asiatiques engrangent du chiffre d'affaires.

Le résultat des courses ? Des enfants livrés à eux-mêmes à la maison, parce que maman est au salon de coiffure. Et comme ancien professeur à domicile, j'en ai vus, des gamins dont les parents s'absentaient systématiquement le jour où il fallait vous payer, ou encore des enfants dont le repas du soir consistait en bouts de pain trempés dans de l'eau avec un peu de lait et de sucre dedans. Chez les plus chanceux, la mère avait laisssé un billet (ex. 50 Francs) sur le réfrigérateur, pour que les (3 ou 4) enfants aillent s'acheter des ailes de poulet chez KFC. Et je pourrais multiplier les exemples...

Vous pariez combien que la majorité des enfants dont les parents oublient systématiquement de payer la cantine scolaire en temps et en heure sont africains ? Et les coupures de courant, et de téléphone ? Je pense à cette petite Africaine qui se glisse derrière moi dans le portique d'entrée de la station de métro Brochant. Il est autour de 13h30. Elle repart au collège. Pas d'argent pour la cantine, donc elle rentre manger à la mi-journée. Mais pas d'argent non plus pour les transports. Donc, elle fraude quatre fois par jour ! Regardez donc qui se fait le plus souvent verbaliser par les contrôleurs dans les transports ?

Tiens, voilà qui me rappelle une anecdote. Voilà qu'un jour, ma colocatrice camerounaise se met en tête d'installer l'Internet. Nous en étions encore au tout début des offres multiples. Et il me semble qu'elle s'était abonnée au téléphone et à l'Internet, sans la télévision. Sur la notice il y avait la liste des pays accessibles gratuitement (téléphones fixes) : des pays européens et nord-américains.

Je la trouve, un jour, en train de téléphoner : un correspondant, puis un autre, encore un autre. Je réalise tout d'un coup qu'elle parle avec "le pays" : son pays, le Cameroun. Entre deux appels, je lui signale que l'Afrique n'est pas concernée par l'offre de téléphonie gratuite. Et là voilà qui s'énerve, déclarant que ce ne sont que quelques appels rapides.

Deux mois plus tard, la facture. Si vous n'avez jamais vu une femme hystérique, c'est que vous avez de la chance. Bien évidemment, la somme excédait considérablement les revenus de la personne, au point qu'il lui aurait fallu de longs mois pour éponger la dette. Et en bonne pouffiasse qu'elle était, elle s'est précipitée à l'agence pour y déclencher un vrai scandale - c'est elle qui m'a raconté -, jurant ses grands dieux qu'elle n'avait pas pu donner tous ces coups de fil en Afrique, qu'il y avait forcément erreur...

C'est comme cette autre conne avec laquelle je me suis accroché dans une supérette parisienne : les cannettes de soda étaient vendues par lots de six ; c'était bien écrit sur l'étiquette, mais Madame avait paraît-il trop soif...; et par ailleurs, elle n'avait besoin que d'une seule cannette. Et voilà la caissière qui lui dit d'aller récupérer les cinq cannettes restantes parce qu'elle allait lui facturer un pack de six. Hurlements de l'Africaine, qui s'est mise à prendre le monde entier à témoin. J'observe la scène de loin, et voyant que l'hystérie de la grognasse ne faiblissait pas, j'ai volé au secours de la pauvre caissière et rappelé à la poufiasse énervée que si elle ne savait pas lire une étiquette avec, écrit dessus : "Pack de 6 : 2, 55 euros", donc pas de vente à l'unité, elle n'avait qu'à rentrer dans son village africain. Parce que je suis sûr, avais-je ajouté, qu'au village, au milieu des anciens, vous ne feriez pas tout ce cinéma !

La femme est devenue comme folle. Je l'ai abandonnée entre les mains des vigiles (tous noirs) du magasin.

Bien entendu, ma coloc s'est vu interrompre l'abonnement téléphonique, et sans téléphone, je savais qu'elle allait devenir folle, ce qui n'a pas tardé. Je passe sur certains détails, comme cette inondation - partie de notre appartement ! - qui a noyé les deux ascenseurs de l'immeuble, les immobilisant des mois durant.

C'est là que j'ai réalisé que cette femme était vraiment dangereuse, surtout pendant ses crises d'hystérie - connues de tout l'immeuble - ; je me suis, donc, résolu à déménager. C'est dire les sentiments plus que mitigés que j'éprouve à chaque fois que je croise dans la rue une pouffiasse noire arborant des cheveux bleus, jaunes, verts... 


Et tandis que, du côté de l'Afrique civilisée, on se ruine en perruques, postiches et moult colifichets, sur le même continent, guerres, famine et épidémies font rage.


Et face à la pauvreté endémique et à l'incurie ambiante, les bons Samaritains ne chôment pas. 


africa_afrique_famine_hunger_enfant_children_ong_ngo

Mais il arrive aussi que des indigènes se prennent en main et inventent des choses, comme cette classe privée imaginée par une Kenyane.

 sustaining_development_developpement_durable_ecole_kenya

Selina Malungu wears an old dress to school because her family is too poor to buy a uniform. Though other students mock her, she is determined to continue her education

More than 200 elementary school students, many of them barefoot, clothed in rags and dizzy with hunger, go into Rebecca Mwanyonyo's class room each day. Squeezed together on the concrete floor, they jostle for space and wave their hands to get her attention. Their laps and the floor are their desks.


Selina Malungu porte une vieille robe à l'école parce que sa famille est trop pauvre pour lui acheter un uniforme. Bien que d'autres élèves se moquent d'elle, elle est déterminée à poursuivre sa scolarité.

Plus de 200 élèves du primaire, beaucoup d'entre eux, pieds nus, en haillons et titubant de faim, entrent dans la salle de classe de Rebecca Mwanyonyo chaque jour. Agglutinés sur un sol en béton, ils doivent jouer des coudes pour se faire une place et agitent les mains pour attirer l'attention de la maîtresse. Leurs genoux et le sol tiennent lieu de pupitres.


Pourtant, à en croire certains, l'Afrique est un continent riche... en armes, par exemple, spécialité masculine, quand les produits cosmétiques et capillaires sont du domaine des seules femmes.


On résume ? 

En France,  deux millions de femmes noires... dépensent sept fois plus d'argent dans les cosmétiques que leurs congénères blanches. On imagine ce que ça doit être en Afrique, où, par ailleurs, même les enfants sont armés de fusils-mitrailleurs. Et, pendant ce temps, de belles âmes distribuent de l'aide, tandis qu'une intelligentsia noire sort de ses gonds parce qu'une journaliste de mode a osé insinuer des choses sur un sujet bien anodin ; une intelligentsia plus soucieuse, apparemment, d'histoires de look, de colifichets et de chiffons que du naufrage persistant de tout un continent qui doit renfermer plus de matières premières que tous les autres continents réunis !


La faim, le paludisme, la tuberculose, le sida... tuent (en Afrique). Réagissons !


Question : mais à qui donc cette injonction s'adresse-t-elle ?


Prochain épisode : House slaves


Liens :   01  -  02  -  03  -  04  -  05  -  06  -  07